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Surjeteuse enfilée de quatre cônes de fil, une pièce de lin posée à côté

La surjeteuse : à quoi ça sert et faut-il en acheter une ?

·Par Isabelle Bultez

Quand on progresse en couture, une question revient souvent : faut-il investir dans une surjeteuse ? Cette machine spécialisée intrigue autant qu'elle intimide. Voici un guide complet pour comprendre à quoi sert une surjeteuse, ce qu'elle fait (et ne fait pas), et si elle correspond à vos besoins.

Qu'est-ce qu'une surjeteuse ?

La surjeteuse (ou overlock) est une machine qui réalise trois opérations en un seul passage :

  • Couper le bord du tissu proprement
  • Surfiler le bord pour empêcher l'effilochage
  • Assembler deux pièces de tissu ensemble

Elle utilise 3 à 5 fils simultanément et crée un point de chaînette extensible. C'est cette couture que vous voyez à l'intérieur de la plupart des vêtements du commerce, notamment les t-shirts et les vêtements en jersey.

Surjeteuse ou machine à coudre : quelles différences ?

La surjeteuse ne remplace pas la machine à coudre. Ce sont deux outils complémentaires qui servent des fonctions différentes :

Machine à coudreSurjeteuse
Nombre de fils2 (aiguille + canette)3 à 5
Coupe le bordnonoui, couteau intégré
Assembleouioui
Surfileau zigzag, en passe séparéeoui, dans le même passage
Point extensibleapproximatif au zigzagoui, c'est sa spécialité
Fermeture éclairouinon
Boutonnièreouinon
Surpiqûre visibleouinon
Ourletouiroulotté uniquement
Couture de précision (pinces, cols)ouinon
Prix d'entrée150 à 250 €150 à 250 €

La ligne à retenir : la surjeteuse ne sait pas s'arrêter en cours de couture, puisque le couteau a déjà coupé le tissu. Tout ce qui demande de la précision, un point d'arrêt visible ou un demi-tour reste le travail de la machine à coudre.

Si vous débutez et n'avez pas encore de machine à coudre, commencez par là. Notre guide pour choisir sa machine à coudre vous aidera à trouver le modèle adapté.

Quand la surjeteuse devient-elle utile ?

La surjeteuse est un véritable atout dans plusieurs situations :

Vous cousez régulièrement des vêtements

Si vous confectionnez des vêtements, la surjeteuse transforme vos finitions intérieures. Plus besoin de surfiler au zigzag pièce par pièce : un seul passage suffit pour un résultat professionnel.

Vous travaillez le jersey et les tissus extensibles

C'est probablement le meilleur argument en faveur de la surjeteuse. Le jersey est difficile à coudre à la machine classique : il gondole, s'étire et les points sautent. La surjeteuse gère ces tissus sans effort grâce à son entraînement différentiel qui ajuste la tension du tissu automatiquement.

Vous voulez gagner du temps

La surjeteuse coupe, surfile et assemble en un seul geste. Sur un projet de vêtement complet, le gain de temps est considérable.

Combien coûte une surjeteuse ?

Les prix varient largement :

  • Entrée de gamme (150 à 250 €) : Brother 1034D, Juki MO-654DE — suffisantes pour débuter
  • Milieu de gamme (300 à 600 €) : Bernina L450, Juki MO-2000QVP — enfilage facilité, plus de réglages
  • Haut de gamme (700 € et plus) : Baby Lock, Bernina L890 — enfilage automatique, fonctions avancées

Pour un usage amateur régulier, une surjeteuse d'entrée ou de milieu de gamme suffit amplement.

Les difficultés à anticiper

La surjeteuse a quelques particularités qui déroutent au début :

  • L'enfilage : avec 3 à 5 fils à passer dans un ordre précis, l'enfilage est la bête noire des débutants. Les modèles récents simplifient cette étape, mais il faut tout de même s'entraîner
  • Le réglage de la tension : chaque fil a sa propre tension à ajuster selon le tissu. Notez vos réglages pour les retrouver facilement
  • Les erreurs sont définitives : le couteau coupe le tissu au fur et à mesure. Impossible de découdre et recommencer sans perdre du tissu
  • Le bruit : la surjeteuse est sensiblement plus bruyante qu'une machine à coudre classique

Peut-on s'en passer ?

Absolument. De nombreuses couturières expérimentées travaillent sans surjeteuse et obtiennent d'excellents résultats. Voici les alternatives :

  • Point zigzag de la machine à coudre pour surfiler les bords
  • Ciseaux cranteurs pour limiter l'effilochage
  • Biais pour enfermer les bords bruts proprement
  • Coutures anglaises (couture fermée sur elle-même) pour une finition intérieure nette

Ces techniques sont enseignées dans nos ateliers réguliers, où vous apprenez à tirer le meilleur de votre machine à coudre avant d'investir dans du matériel supplémentaire.

Notre conseil

Si vous débutez en couture, n'achetez pas de surjeteuse tout de suite. Concentrez-vous sur votre machine à coudre et apprenez les bases : coutures droites, ourlets, pose de fermeture éclair. Une fois que vous coudrez régulièrement des vêtements et que le surfilage au zigzag vous semblera limitant, la surjeteuse sera un investissement judicieux.

Pour tester une surjeteuse avant d'acheter, venez lors de nos stages thématiques où nous mettons du matériel à disposition. C'est aussi l'occasion de comparer les modèles et de vous faire votre propre avis, accompagné de conseils personnalisés.

Questions fréquentes

Une surjeteuse remplace-t-elle une machine à coudre ?

Non, et c'est le malentendu le plus fréquent. La surjeteuse ne sait ni poser une fermeture éclair, ni faire une boutonnière, ni coudre une surpiqûre visible. Elle assemble et finit les bords ; tout le reste demande une machine à coudre. Les deux sont complémentaires, jamais interchangeables.

Peut-on coudre sans surjeteuse ?

Oui, sans aucun problème. Le point zigzag surfile les bords, les ciseaux cranteurs limitent l'effilochage, le biais enferme les bords bruts et la couture anglaise donne une finition intérieure impeccable. Beaucoup de couturières expérimentées n'en possèdent pas.

Combien coûte une surjeteuse ?

De 150 à 250 euros en entrée de gamme, ce qui suffit pour un usage amateur régulier. Comptez 300 à 600 euros en milieu de gamme pour un enfilage facilité et davantage de réglages, et 700 euros et plus pour l'enfilage automatique. Le prix achète surtout du confort d'enfilage.

La surjeteuse est-elle difficile à enfiler ?

C'est sa principale difficulté : trois à cinq fils à passer dans un ordre précis, chacun par un chemin différent. Les modèles récents guident l'opération par un code couleur. Une fois enfilée, on change de couleur en nouant le nouveau fil à l'ancien et en le tirant à travers la machine.

À partir de quand une surjeteuse devient-elle vraiment utile ?

Quand vous cousez régulièrement des vêtements, et surtout du jersey. C'est l'argument décisif : le jersey gondole et fait sauter les points sur une machine classique, là où l'entraînement différentiel de la surjeteuse le gère sans effort. Pour des sacs et des accessoires en coton, elle ne s'impose pas.

Envie de passer de la théorie à la pratique ? Rejoignez un atelier ou un stage pour apprendre à coudre avec Isabelle, dans une ambiance conviviale.

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