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Cranter

Gestes et coutures

Cranter, c'est pratiquer de petites entailles dans la marge de couture d'un arrondi, jusqu'à quelques millimètres de la piqûre, pour que la couture puisse se retourner à plat sans tirer.

Une couture courbe pose un problème de géométrie : une fois retournée, la marge intérieure se retrouve sur un cercle plus petit que celui où elle a été coupée. Elle est donc trop longue, et fait des plis qui se voient sur l'endroit.

Sur une courbe rentrante — une encolure, une emmanchure — on entaille perpendiculairement au bord pour que la marge puisse s'ouvrir en éventail. Sur une courbe sortante — un col arrondi, une poche — on retire au contraire de petits triangles pour que la matière en trop disparaisse.

L'entaille s'arrête à deux ou trois millimètres de la piqûre. Plus près, la couture s'ouvre à l'usage.

En atelier

C'est le geste qui fait le plus peur, parce qu'on donne un coup de ciseaux dans un ouvrage qu'on vient de réussir. Résultat : on crante trop timidement, à un centimètre de la couture, ce qui ne sert à rien du tout.

Je fais toujours essayer les deux sur une chute avant : un arrondi cranté, un arrondi non cranté, retournés côte à côte. La démonstration se passe de discours.

Ces mots s'apprennent en une séance, la machine devant soi, bien plus vite qu'en les lisant.

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