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Bâtir

Gestes et coutures

Bâtir, c'est assembler provisoirement deux épaisseurs de tissu par de grands points à la main, avant de les piquer à la machine. Le fil de bâti est retiré une fois la couture définitive faite.

On bâtit pour tenir. Deux épaisseurs glissent l'une sur l'autre sous le pied-de-biche, et plus le tissu est fuyant — jersey, viscose, satin — plus elles glissent. Les épingles limitent le dégât mais laissent le tissu bouger entre elles, et il faut les retirer une par une en cousant.

Le point de bâti est un simple point devant, long d'un centimètre environ, fait dans un fil contrasté qu'on retrouvera facilement pour le retirer. Il n'a pas à être joli : il a à tenir une heure.

On bâtit surtout là où l'erreur coûte cher — pose d'une fermeture éclair, montage d'une manche, ourlet d'une jupe en biais. Sur une couture droite de coton, les épingles suffisent.

En atelier

C'est l'étape que tout le monde veut sauter, et je le comprends : elle donne l'impression de coudre deux fois. Je propose donc un marché — bâtissez la première manche, épinglez la seconde, et comparez le résultat. Personne ne me repose la question ensuite.

Le fil contrasté n'est pas un détail de coquetterie. J'ai vu des bâtis blancs sur du lin écru rester dans le vêtement fini, découverts trois lavages plus tard.

Ces mots s'apprennent en une séance, la machine devant soi, bien plus vite qu'en les lisant.

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